Haïti Gouverneur de la rosée.

Sarah MODY
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_Haïti. N’y allez pas. Dixit un haïtien rencontré au hasard de ces soirées parisiennes « salut-tu-fais-quoi-dans-la-vie »

La haine de soi. Le mal de terre.
_Pourquoi ?
_C’est la guerre, c’est pauvre.
_ tu as oublié : c’est pleins de noirs.


Haïti, pays où je m’abîme par littérature interposée. Dany ? J’y reviendrais. Je veux parler du Gouverneur de la rosée. Parce que c’est beau. De Jacques Roumain. Ce n’est pas seulement la prose qui est poétique, c’est l’atmosphère, c’est l’univers romanesque.

L’attachement à la terre ici se transmet à l’encre indélébile, un peu comme ces lignes qui s’étalent sous les yeux du lecteur qui donne à voir la terre d’Haïti. Miraculeusement. Elle se fait sentir cette terre, pleine du sang et de la sueur de ce qui l’ont travaillés… Contraints, ou pas.

Suinte à chaque ligne l’amour d’Haïti, s’élève un chant sourd à son physique tourmenté et son caractère capricieux. La terre c’est la possibilité d’enracinement, d’identité, d’appartenance.

Heureux ceux qui en plus de l’odeur de la mère ont en souvenir l’odeur de la terre, alors ils connaissent l’émotion de l’exilé de retour lorsqu’il foule la terre de son pays. C’est proustien ; cela vous ravit ici et vous transporte ailleurs.

L’idée est exactement entre le mot et le silence. Ce texte est pleins de silence, cela semble incongru mais le texte parvient à demeurer silencieux tout en inoculant à son lecteur des choses essentielles.

Mais lorsqu’Haïti paraît, la tragédie n’est pas loin, souvent tapie dans son sillage. Mais c’est la vie aussi, les grands hommes ne survivent pas longtemps à la grandeur de leurs idées. Ils laissent pourtant une petite graine d’espoir, de ces graines qui font les plantes les plus majestueuses.


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