Vers un village global africain…

Yves Makodia Mantséka
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Une autre Afrique se dessine à l’Orient brumeux d’alors créé par les réseaux Françafrique longtemps cautionnés et encouragés par les dirigeants, et par d’autres filières ou relations inopérantes entretenues avec le reste des États du monde. L’opinion publique sortie de sa bauge silencieuse préconise le changement radical et souhaite une coopération mutuelle avec la France et avec d’autres partenaires occidentaux sur des bases saines.


 


C’est cette politique de réciprocité et d’égalité qui est au cœur du peuple révolté pour redéfinir les relations si doucereuses, mais souvent orageuses, voire incendiaires, entre la mère patrie et explicitement avec le reste du monde.
Ce revirement témoigne de la volonté du peuple de mettre fin à cette ancienne politique de «Mama » basée sur les liens affectifs impurs, forcés qui viraient à la couverture de protection et d’assistanat éternel. Ces anciens leaders veulent le maintien du statu quo pour préserver leur acquis et pérenniser cette lignée de la politique de domination.

Une nouvelle brèche s’ouvre

Entre ces deux visions, la guerre des tranchées est lancée. Le peuple résolument agrippé au train de la rupture continue de fulminer les critiques, de dénoncer les erreurs, les dérives et les exactions perpétrées jadis, ces pratiques qui généraient les tensions internes et divers conflits interethniques laissant à l’abandon le peuple malade et en crises multiples.
Une brèche est alors ouverte dans cette forêt conflictuelle où les dirigeants actuels adoptent des réformes visant à privilégier les investisseurs étrangers issus des pays émergents pour concurrencer leur marché et freiner ainsi cette percée du vieux tandem d’alors triomphant. L’arrivée en masse des Chinois, des Indiens, des Américains et d’autres pays occidentaux sur le sol africain montre ce changement visible et l’intérêt grandissant pour les capitaux nouveaux et les partenaires opérationnels. L’application des stratégies à l’africaine témoigne de la ferme volonté et de l’ambition de progression des nouveaux leaders dans le but d’atteindre la croissance et le développement.

Les critiques extérieures

Les nombreuses critiques reçues et venues des États nantis ont fortement précipité ce mascaret qui bouscule au passage le passé relationnel jonché de multiples échecs et déconvenues probantes. Comme un pavé lancé dans la mare, ces critiques acerbes à l’égard de l’homme africain ont déclenché un tollé d’étonnement, d’indignation dans le monde intellectuel et l’élite avertie. Donneur de leçons, l’Occident est décrié par l’opinion publique et jeté aux orties avec ses discours incendiaires et ses idées dénuées de connaissance culturelle et historique sur l’Afrique. Bref ! Ces éternels clichés et noires pensées non constructives qui morigènent le peuple, suscitant plus de la provocation que de l’exhortation.
Le peuple africain n’est plus ce pantin écouteur de leçons et exécuteur des ordres. Il veut être faiseur de son histoire et inventeur de son avenir. Celui qui est au cœur de grandes décisions qui concernent sa vie économique, politique, culturelle, sociale, environnementale et sportive. Conscient de ce rôle de premier chef, il veut prendre son destin en main en élisant «l’homme qu’il faut à la place qu’il faut ».Celui qui cadre avec ses ambitions spacieuses et qui répond à ses aspirations légitimes.

L’écho de la démocratie pluraliste
De cette résolution affirmée, la démocratie devient alors la voie nécessaire pour enterrer totalement le monopartisme débridé qui a enlisé le continent dans un marasme sans perspective – sans issue pour sortir de crises politiques, économiques, sociales. Le lancement de ce concept depuis la Baule, lors du sommet franco-africain réuni en France, le 20 juin 1990, par François Mitterrand, a suscité des vagues de mutation et de dislocation dans l’océan africain qui a entraîné des remous au sein des États englués dans les régimes monopartistes et autoritaires.
Mais, couvés sous la cendre, ces régimes ressuscités continuent d’attiser la violence, la haine, la désunion et le désamour entre les peuples mutilés par les interminables guerres fratricides qui ensanglantent grandement les pays. Après le Rwanda, le Congo, la Côte d’Ivoire, le Kenya, la Guinée, le Tchad, le Mali, la liste continue. L’Afrique, encore dans ce tourbillon de la ronde des phénomènes, se décarcasse pour échapper au chaos final.

La voie suprême à suivre

Que doit-on faire pour éviter les conflits, les échecs et le retour en arrière encore plus désastreux ? Le développement est la seule panacée. Il reste le but suprême pour une solide fondation des états libres et démocratiques, tant est il vrai que la politique suicidaire de l’isolement et la stratégie mortelle de cavalier seul ont montré leurs limites dans le monde africain. Foyer de division et de séparation, ces voies stratégiques de l’autarcie ont obéré lourdement l’Afrique et culbuté l’ensemble de ses États dans les marais des guerres, des crises et des maladies. Le rassemblement reste la pierre angulaire et le point d’ancrage unique pour libérer les énergies communes aptes à déclencher la réussite et le progrès.
«L’union fait la force». Il faut pour notre Afrique majeure la création d’une «Nation unie» autour des pôles d’influence des pays pilotes régis par ce magma des institutions et constitutions communes. Mais ces États seront nourris, enrichis et consolidés par une pluralité juridique. Orientée par un seul chef et une monnaie unique sous la houlette d’une banque centrale, l’Afrique réunie dans ce conglomérat des intérêts convergents rétablira la stabilité ébranlée de ses frontières assiégées par les groupuscules divers, et redonnera à l’intérieur des nations divisées d’aujourd’hui, l’intégrité, la dignité et le respect de l’autre, le frère de la tribu voisine.

Cette vision nouvelle apportera

Cette vision non casanière fermera les portes de l’économie moribonde de l’Afrique dirigiste drainant depuis des siècles un cortège de malheurs enclenchés par la dette colossale, le chômage massif, le misérabilisme social. Ce modèle de l’union, à l’Africaine, basé sur notre histoire commune, fondé sur l’émulation, la recherche, l’innovation, la créativité, fera fi des injonctions déstabilisantes venues d’ailleurs qui effacent notre différence et notre singularité, et donnera aux yeux du monde l’image reluisante d’unité qu’elle attend de nous. Celle qui magnifie notre riche patrimoine et amplifie notre fierté légitime.
Voilà la voie propice que nous devons explorer pour repenser l’Afrique autrement autour de ce projet salutaire de village intégral. Et redorer notre blason terni par les images fabriquées, les clichés véhiculés, propagés… dans le monde fort focalisé sur ce visage de l’Afrique déformée.

 

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