Carton rouge aux organisateurs du FESPAM de Brazzaville.

Stephane Moudout?©-Bell
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Retrouvez le carton rouge de St?©phane Moudout?©-Bell aux organisateurs du FESPAM dans AfrikChronique/Edito.La cause des pygm?©es merite plus de respect et d'attention ...


La 6i?®me ?©dition du FESPAM qui prend fin dans 24 heures, r?©unit ?† Brazzaville une pl?©iade de stars de la musique. Elle aurait ?©t?© une r?©ussite totale sans l‚Äôobjet de notre‚Ķcarton rouge. La sortie de ce carton rouge se justifie par le comportement des organisateurs du FESPAM vis-?†-vis des artistes pygm?©es convi?©s ?† ces instants de partages musicaux. En effet, lesdits organisateurs, confront?©s ou non ( ?) ?† la saturation de la capacit?© d‚Äôh?©bergement de Brazzaville, ont log?© les pygm?©es au ‚ĶZoo. Nous ne r?™vons pas, c‚Äôest bien dans le Zoo de la capitale congolaise qu‚Äôont ?©t?© log?©s 20 pygm?©es (dont un b?©b?© de 3 mois) avec le cort?®ge de curiosit?© que cela a suscit?©. Cette situation, d?©nonc?©e par les d?©fenseurs congolais des droits de l‚Äôhomme, nous renvoie ?† l‚Äô?©poque coloniale o?? les ¬´ indig?®nes ¬ª, pygm?©es inclus, faisaient office d‚Äôattraction pour l‚Äô?ìil occidental assoiff?© d‚Äôexotisme lors d‚Äôexpositions coloniales. Les folklores exotiques qui s‚Äôy d?©roulaient, d?©coulaient directement des recherches anthropologiques physiques entreprises par des scientifiques europ?©ens au sein des anciennes colonies. Nous assistions alors ?† une cat?©gorisation des traits somatiques dans le but de particulariser des groupes d‚Äôhumains (dans ce cas les indig?®nes) et par cons?©quent, de justifier les diff?©rences entre le blanc et l‚Äôindig?®ne. La science a donc contribu?© ?† structurer dans l‚Äôimaginaire collectif des occidentaux, l‚Äôinf?©riorisation des ¬´ races lointaines ¬ª. Plus de 70 ans plus tard, le m?™me folklore, orchestr?© par des africains, se reproduit dans un pays africain ind?©pendant, le Congo Brazzaville. Naturellement, l‚Äôacte pos?© par les organisateurs du FESPAM, n‚Äôest pas pens?© par la majorit?© des congolais. Face aux protestations et surtout devant la justification par les organisateurs de cet anachronisme, le gouvernement congolais, indign?© officiellement par cette pratique, a d?©cid?© de reloger les pygm?©es Baka dans des h?¥tels de la place.



Par leur comportement, les organisateurs du FESPAM projettent, consciemment ou inconsciemment, le caract?®re non poreux des rapports entre ¬´ eux ¬ª et les pygm?©es. Cette discrimination ne peut trouver aucune justification au Congo ni ailleurs. Nous ne pouvons ?™tre les vecteurs de pratiques combattues par notre histoire avec ferveur. Reproduire des sch?®mes aussi discriminants que l‚Äôexcision de la dignit?© des pygm?©es, ?©quivaut ?† une entorse aux le?ßons tir?©es du pass?©. Le travail permanent de d?©construction des pratiques coloniales impr?©gn?©es dans nos imaginaires pourra faire office de garde fou face ?† des d?©rives comme celle du Zoo de Brazzaville. Ce travail doit, au pr?©alable, ?©vacuer en p?©riph?©rie tout type de passion.



Les promoteurs du FESPAM doivent savoir qu‚Äôils n‚Äôont pas invit?© des citoyens de seconde zone, des individus imaginaires, encore moins des animaux de Zoo, mais des ?™tres humains qui m?©ritent du respect et un traitement identique aux autres artistes pr?©sents ?† ce festival.
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