Ameenah Gurib-Fakim

S.M.B
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Le Professeur Ameenah Gurib-Fakim est une scientifique qui met son savoir au service des propriétés médicales des plantes tropicales. Lauréate du prix L'Oréal Unesco 2007, Ameenah Gurib-Fakim est aussi une passionée du "vivant". Découvrez avec nous cette scientifique qui fait honneur à Maurice et au continent africain.

 

 

- Qui est Ameenah Gurib-Fakim ?

AGF est fille du sol, Professeure de chimie et vice rectrice à l’Université à Maurice. Elle est passionnée des plantes et du vivant. Elle est aussi épouse et mère de deux enfants – l’aîné, le fils, vient de démarrer ses études universitaires.

- D’où vous vient cet amour pour les sciences ?

Cet amour a été initié par mes profs dynamiques au secondaire. Ils ont su démontrer que la science apporte des éléments de réponse aux questions de tous les joursme quand on fait la cuisine ou la lessive. Ils apportaient des réponses cohérentes pour expliquer pourquoi le ciel etait bleu, pourquoi les plantes etaient vertes et si elles ne sont pas – pourquoi !

- Vos travaux sont axés sur les propriétés des plantes de Maurice et leurs applications biomédicales. Pourquoi ce choix ?

Je suis chimiste de formation plus particulièrement la chimie organique. Quand je suis revenue à Maurice, j’ai voulu continuer cette thématique mais j’étais confrontée à un manque de matériel et ceci rendait la chimie de synthèse impossible. Je me suis tournée vers l’isolation des molecules des plantes – c’était une autre façon d’appréhender la chimie organique. Ensuite j’ai découvert le monde magique des plantes medicinales. Finalement, je me suis rendue compte qu’en encadrant scientifiquement les recettes traditionnelles, on pouvait non seulement soulager les peines des personnes qui n’ont pas de recours aux médicaments allopathiques mais développer aussi une filiere commerciale des plantes médicinales – surtout quand le monde passe au vert pour se guérir !

- Votre analyse scientifique des propriétés antibactériennes, antifongiques et antidiabétiques de diverses plantes a permis d’ouvrir la voie à leur utilisation en tant qu’alternative efficace aux médicaments commerciaux. Peut-t-on savoir une (ou deux application) concrète de vos travaux sur une maladie donnée ?

J’ai déjà développé une filière de tisanes à Maurice en partant sur les principes de bonnes pratiques agricoles et bonnes pratiques manufacturieres.

On a démontré par nos travaux le potentiel des plantes médicinales sur le diabète chez les animaux. Il reste plusieurs étapes avant que le produit arrive sur le marché mais il faut aussi faire ressortir que ces plantes sont déjà en utilisation par la population.

- L’industrie pharmaceutique soutient-elle vos recherches?

Je n’ai pas cherché le soutien de l’industrie pharmaceutique mais je sais que mon travail les intéresse !

- Comment drainer des moyens pour une généralisation des résultats de vos études ?

Quand on est chercheur dans une université, on passe le clair de son temps a trouver les moyens pour financer les travaux de recherche ! A ce jour, j’ai eu des financements des grands bailleurs comme l’Union Européenne entre autres.

Pour vulgariser mes travaux, j’arrive toujours à trouver des sponsors qui sont disposés à financer une publication. J’en suis reconnaissante.

- Vous êtes pro-vice chancelier de l’Université de Maurice. Comment se porte l’enseignement supérieur dans votre pays ?

L’université de Maurice existe depuis bientot 40ans. Au cours de ces années, l’université a formé un nombre important de cadres qui travaillent à Maurice comme ailleurs. Le rôle de l’enseignement supérieur est apprécié à sa juste valeur car tout le monde est conscient que le développement du pays passe par une éducation et formation solide.

- En Afrique, plusieurs mécanismes d’incitation sont menés pour attirer les femmes vers les sciences dites « dures ». Comment situez-vous le rapport de la femme mauricienne avec les sciences ?

La participation de la femme mauricienne dans les sciences s’est beaucoup améliorée au cours des 10 dernières années mais il reste toujours un gros travail à faire pour maintenir la femme dans les sphères de plus hautes responsabilites surtout dans le domaine scientifique. Le syndrome du ‘tuyau percé’ est très présent à Maurice aussi !!

- Vos travaux ont été couronnés par le prix l’Oréal-Unesco 2007. Comment avez-vous géré la notoriété inhérente à ce type de distinction ?

Cette ‘notoriété’ est gérable dans la mesure on se met à l’évidence que ce n’est qu’une partie de ma carriere qui a été couronnée... Il reste encore du travail faire et je ne compte pas rester là ! Ce prix a permis de mettre en évidence l’importance des travaux de recherche sur les plantes, surtout des plantes des tropiques souvent menacées d’extinction et dont le potentiel médicinal n’a pas été estimé!

- Votre lieu de vacances préféré ?

On voyage en famille souvent dans les pays du continent africain ! L’Afrique a tellement de potentiel mais encore une fois meconnu !

- Pour finir, un message à faire passer ?

Je dirai haut et fort – Faites ce qui vous passionne. C’est certain que vous le ferez BIEN et en retour, vous en tirerez beaucoup de satisfaction !

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