Interview Jonathan Mvie

Thomas Pagbe
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fondateur de la marque de vêtements Gabao

 


Insuffler un peu d’Afrique dans le street-wear. C’est le défi que s’est lancé Jonathan Mvié -un jeune canadien d’origine gabonaise- en créant et en commercialisant sa propre marque de vêtements, Gabao.

 

 

A quel moment avez-vous décidé de vous lancer dans l’industrie vestimentaire ?

L’idée de créerGabaoa germé en 2007. Après mon Bac en 2001, j’ai trouvé un emploi et j’ai enchaîné leslongues journées de travail. Ici, en Amérique du Nord, il faut travailler très dur… Parallèlement, pour me détendre je pratiquais le football et le taekwondo. En fait, je ressentais l’« appel » créatif depuis des années. En pratiquant mes deux activités sportives m’est venuel’idée de créer ma propre marque.Pour commencer, je me suis confectionné un premier t-shirt. Les premières personnes à l’avoir vu ont apprécié. Enthousiasmé, j’ai travaillé sur plusieurs dessins, chez moi. Un de mes amis, très doué en informatique, m’a beaucoup aidé. J’ai également contacté un imprimeur. Les autres t-shirts que j’ai conçus ont également plu à mes amis de l’équipe de football. J’ai rassemblé mes idées sur papier, puis après avoir fabriqué 50 modèles, j’ai enregistré ma marque au Canada.

 

Ton parcours, en tant que jeune créateur, a-t-il été jalonné de difficultés ?

Au niveau légal, ça n’a pas été simple. Au Canada, quand on enregistre une marque, on ne doit pas faire référence à un pays. Pendant le processus d’enregistrement, j’ai découvert que quelqu’un utilisait déjà le nom Gabao. L’entreprise en question était dans l’industrie de l’eau. Il m’a fallu deux ans et demi pour parvenir à imposer Gabao comme une marque vestimentaire. J’ai failli abandonner ! Mais j’ai réussi à la faire référencer.

Comment as-tu financé ton entreprise ?

 

Lorsque j’ai créé ma société, la banque m’a octroyé un prêt. Pour toute la production, la banque m’assiste. Avant je faisais tout moi-même. J’ai par exemple contacté par mes propres moyensdes distributeurs et des imprimeurs. A Montréal, les imprimeurs sont particulièrement reconnus pour la qualité de leur travail. Mes t-shirts ne sont pas produits en Chine. Je fais imprimer ici, au Canada. Je suis prêt à payer mes t-shirts 4 dollars. La qualité compte. A ce jour, j’ai vendu entre 700 et 800 t-shirts.

Avez-vous des associés ?

 

Tout ce que j’ai fait, je l’ai fait seul, j’ai pris les risques seuls.

 

Vous avez tout de suite choisi de vous tourner dans le secteur du « street wear ». Pourquoi ?

Au départ, je ne me suis pas vraiment posé la question. Le fait d’être dans le domaine du foot m’a influencé. Pendant la conception des premiers modèles, je pensais également à ma femme et à ses amies, par conséquent, j’ai fabriqué des t-shirts plus près du corps pour ces dames. En fait, la véritable réflexion pour donner une direction et une identitéà Gabao débute maintenant. Jusqu’à présent, je me suis beaucoup appuyé sur le nom et je continue.  Désormais, il faut encadrer l’activité pour être sûr qu’elle fonctionne.

 

Justement, vous êtes-vous fixé des objectifs?

Jusqu’à aujourd’hui, je n’avais pas de plan concret. Je m’occupais du marketing et de la promotion. Tous les revenus que j’ai enregistrés jusqu’ici m’ont fait rentrer dans mes frais. Le vrai boulotdébute maintenant. Je vais prendre un stagiaire en design. L’activité à proprement parler se concentrera chez moi. A la maison, j’ai transformé mon sous-sol en bureau. Parallèlement, j’ai choisi de conserver mon emploi.J’ai un bébé et des factures à payer. Gabao me permet d’avoir un certain équilibre. Pour le moment, m’occuper de Gabao à plein temps ne fait pas partie de mes projets.

 

L’exportation de vos produits fait-elle partie de vos projets à plus ou moins long terme ?

Récemment, je parlais avec un ami qui me posait la même question !  Je lui ai préparé une boîte de 50 t-shirts que je compte lui envoyer. En juin prochain, je vais commencer à aller prospecter les boutiques et les centres d’achat. Dans cette industrie, livrer directement aux revendeurs constitue un avantage.Je veux faire les choses correctement. Avant de me lancer dans un nouveau marché, je veux trouver un contact sur place pour faciliter mon installation. A Paris, l’un de mes cousinsa 100 échantillons. A Rennes, j’ai également envoyé plusieurs modèles chez ma sœur. Les deux me disent de tenir compte de la saison pour être sûr de pouvoir vendre. J’en tiendrai compteen 2012, je leur enverrai des pulls et des vêtements plus adaptés à la saison hivernale.

 

 

Thomas Pagbe

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