Mahamat -Saleh HAROUN

S.M.B
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Comme mentionné la semaine dernière, retrouvez l'interview que nous a accordée le cinéaste tchadien Mahamat -Saleh HAROUN. Bonne lecture.

 

-          Peut-on savoir qui est Mahamat-Saleh HAROUN ?

 

Je suis tchadien, né en 1961 à Abéché, dans le nord-est du Tchad. Après des études de journalisme, j’ai entrepris des études de cinéma. J’ai travaillé comme journaliste pendant plusieurs années avant de réaliser mon premier court métrage, Maral Tanié, en 1994.

-          Quand avez-vous eu  le déclic pour le 7ème Art ?

Je me souviens de la première fois où un de mes oncles m’a amené au cinéma. Je devais avoir neuf ans. C’était magique. J’en garde encore un souvenir ému. C’était un film indien dont je n’ai jamais retenu le titre. J’ai vu, à un moment donné, un gros plan d’une belle actrice indienne. Elle fixait la caméra, donc moi, et elle souriait. Ce sourire, j’ai cru qu’il m’était adressé à moi, alors que la salle était pleine, des centaines de spectateurs… Mais j’ai cru qu’elle me souriait, la belle actrice. C’était une promesse de bonheur, un moment inoubliable, j’en étais bouleversé. C’est à partir de cette image inaugurale que j’ai commencé à rêver à des images…

 

-          Du film « Bye Bye Africa » au film « Un homme qui crie », comment peut-on qualifier le style «HAROUN » ?

Je ne sais pas si j’ai un style. Mais si je devais le définir, je dirais : néoréaliste, poétique, sensuel…

-          Le Cinéma africain peine à accrocher les standards internationaux. Outre les problèmes « d’habillage marketing », que faire pour y remédier ?

Mettre en place de véritables politiques de soutien aux cinématographies nationales, former les jeunes au métier, une fiscalité adaptée pour les productions locales, des législations pour créer un cadre d’épanouissement. Ce ne sont pas les talents qui manquent, mais la volonté politique. Si nos pays pouvaient mettre autant d’argent dans le cinéma que dans le foot, la donne changerait…

-          Comment faire en sorte que le FESPACO soit un rendez vous majeur du cinéma mondial ?

Respecter le cinéma et les cinéastes, une exigence dans la sélection des films. Eviter de faire de cette manifestation une virée touristique…

-          Quels sont les mécanismes d’aide qui existent pour dynamiser le secteur?

-          Peu de pays africains financent leur cinéma. Or sans financement, il est difficile de fabriquer des films. La faillite de nos Etats dans ce domaine confine le peu de nos productions dans l’invisibilité totale…

-          Vous avez été membre du dernier Jury de Cannes. Sentiment de fierté ?

Je ne connais pas le mot fierté. Tout simplement le bonheur d’être considéré comme un cinéaste

-          Quel est votre prochain projet de film ?

Cela s’appellera African fiasco, c’est inspiré d’une histoire vraie. L’histoire d’un bateau qui est allé déverser des déchets pétroliers à Abidjan il y a quelques années. Conséquence : une pollution, et des morts, avec la complicité de certains…

 

-          Pour finir, un message à faire passer?

 

Aux jeunes : le talent seul ne suffit pas, il faut travailler, suer sang et eau. Autre chose : croire en soi, croire en ses idées. Ne pas oublier ceci : chacun de nous est porteur d’une étoile, son étoile, ses rêves. Ne laisser pas les autres tuer vos rêves…

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