Rural Africa Rising

Djelissah
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Rien ne pouvait présager que j’incite un jour qui que ce soit, à envisager l’agriculture en Afrique comme un secteur d’avenir. Au-delà de la tendance actuelle de ce que j’appelle le « rural Africa rising » et des articles de presse et autres rapports qui se multiplient pour démontrer à quel point il est important de se pencher sur ce domaine d’activités, il ne faut pas oublier que les petits producteurs africains sont au cœur de cette transformation. Je dois avouer que j’ai longtemps eu une image étriquée des paysans de chez nous: « paysan pauvre, en guenilles » comme décrit dans l’article intitulé « L’agriculture, un outil de lutte contre le chômage des jeunes » du magazine Afrique Renouveau sur l’idée que se font les jeunes des agriculteurs. Je ne voyais donc pas ce que l’on pouvait bien tirer de reluisant en « travaillant la terre » ou autre activités assimilées. Bien bête j’étais de ne pas aller au-delà de cette perception et voir à quel point l’agriculteur traverse bien des tourments pour réussir à produire suffisamment pour se nourrir lui et sa famille mais surtout nous nourrir et gagner sa vie en le faisant.

 

 

Bien que nos pays et leaders semblent également prendre conscience de cette problématique, cela ne les a pas empêché  de vendre des milliers d’hectares de terres à de grandes entreprises étrangères au détriment, souvent, de petits producteurs, pour la plupart propriétaires fonciers depuis des générations. Il s’agit du fameux phénomène de l’accaparement des terres sur lequel je ne m’étendrai pas particulièrement car il existe aussi d’autres facteurs sur lesquels nous pouvons agir plus facilement de manière individuelle on en petit nombre.

On ne lutte pas contre la pauvreté avec des mètres carré, nous devons nous étendre

 

Voici ce qu’un maraîcher a déclaré devant d’autres producteurs lors d’un rassemblement auquel j’ai assisté. Il insistait sur le fait que s’il devait y avoir une transformation au sein de leur secteur, il s’agissait d’abord de prendre conscience que les superficies dont se contentent certains sont trop petites pour pouvoir jouir confortablement des revenus de leurs récoltes. Imaginez une cultivatrice avec son petit lopin de terre: ce qu’elle fera de sa récolte, ce sera d’abord se nourrir elle et sa famille puis vendre les maigres restes au marché du coin ou devant chez elle, par exemple. Voyez-vous, lorsque vous prenez la route pour aller en campagne, les petites étales ou les tas d’aliments posés à même le sol sur le bord de la route, pensez-vous qu’une personne puisse faire vivre sa famille grâce aux 200 Fcfa ou 500 Fcfa que vous lui aurez donné fièrement en achetant 2-3 tomates? NON

Pour qu’il puisse étendre son exploitation, augmenter ses rendements et vendre d’avantage, ce dont un producteur a besoin, entre autres:

– c’est de pouvoir acheter des semences de qualité et à un coût raisonnable;

– c’est de pouvoir bénéficier de matériel, notamment d’engins agricoles même légers pouvant rendre  son travail moins pénible et plus rapide;

– des espaces de stockage pour y mettre ses aliments avant  de les acheminer vers les grands marchés;

– de pouvoir se rendre, justement, dans ces marchés sur une route « praticable »;

– avoir l’assurance que malgré la concurrence des produits importés (car même si cela devrait diminuer, cela ne disparaîtra pas), il ait la garantie qu’en ville, les gens soient disposés à consommer « local » pour soutenir son secteur.

La liste est longue…

J ‘ai pu remarquer que ces agriculteurs sont prêts à louer des engins agricoles, payer pour faire transporter leurs produits, apprendre de nouvelles techniques agricoles, etc. Une partie des services que des entrepreneurs désireux d’investir de nouvelles filières pourraient proposer. Ce qui est également important , c’est que ces agriculteurs se regroupent et s’organisent autour de coopératives par exemple. Celles-ci leur permettent d’échanger sur leurs expériences, leur donner une influence pour répondre aux mesures agricoles mises en place par les gouvernements, et bien d’autres choses.

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